19/09/2010

"DTC (on est bien)" DOSSIER DE PRESENTATION

dtc (on est bien)

Clinic orgasm society

 



1 DISTRIBUTION 

 

 Conception : Ludovic BARTH & Mathylde DEMAREZ

 Ecriture & Interprétation : Ludovic BARTH, Mathylde DEMAREZ, Blaise Ludik, Mélanie Zucconi 

 Univers Sonore : Aurélien CHOUZENOUX

 Lumières : Manu YASSE, Catherine BREVERS

 Conseiller Artistique: Fabrice GORGERAT

 Conception « machine » : Yoris Van Den Houte, Anne Mortiaux

 Costumes : Martha Mo

 Dramaturgie : Marc KLUGKIST

 Régie Son: Sébastien COURTOY

 Direction Technique : Catherine BREVERS

 

 

REMERCIEMENTS:

Alice Dussart, Karin Vyncke, Olivier Hespel, Gregory Duret, Jean Barth, le Gaston d'Alice, Olivier Cnocquart, Vincent Tandonnet, Christophe Demarez, le Michael de Marta, Laurent Talbot, Mélanie Lamon, la précieuse Marie G., Catherine Raverdy, Clarisse Bardiot, Nicolas Guichard.

 

       Un spectacle de Clinic Orgasm Society en coproduction avec Le Manège.Mons/Centre Dramatique/CECN ; la Maison de la Culture de Tournai ; et Le Grand Bleu, Etablissement National de Production et Diffusion Artistique Lille Région Nord Pas-de-Calais. Avec le soutien du Théâtre Varia/Centre dramatique de la Communauté Française Wallonie-Bruxelles ; de L'L - lieu de recherche et d'accompagnement pour la jeune création ; de l’Arsenic, Centre d’Art Scénique Contemporain à Lausanne ; et du service des Arts de la Scène du Ministère de la Culture de la Communauté Française – Service du Théâtre.

 

 

 

2 le projet 

 

C’est quatre individus qui se sont accroché chacun une enceinte sur le corps, par lesquelles sortent des voix de GPS (générées par un logiciel text-to-speech), monocordes et déshumanisées, et qui jouent de façon naïve la Genèse de l’humanité.

Un décalage inquiétant et sans doute comique s'installe entre la neutralité froide des voix virtuelles, et ces quatre corps tout à fait organiques, de sorte qu’on ne sait plus vraiment qui pilote qui.

Ces quatre personnes ne prétendent pas raconter une Genèse véridique, ils prétendent jouer, ou plutôt, se faire faire jouer, une Genèse dont ils ont besoin, désespérément. Ainsi ils portent leurs propres noms et prénoms dans le mélodrame. Car petit à petit c’est bien un mélodrame qui se déroule. Ces créatures originelles inachevées, porteuses de failles, inventées comme pour légitimer uniquement l’existence de quatre personnes débordantes d'un romantisme  primaire, vivent des déchirements à n’en plus finir.

Tout d’abord, Blaise Ludik, dieu fragile et colérique, accouche laborieusement d’une créature monstrueuse, avec un pénis sur le front. Perplexe, il crée ensuite avec difficulté Mélanie Zucconi, la première femme. Elle est belle et semble prometteuse pour l’avenir de l’humanité. Mais elle ne parvient pas à se tenir debout, ses jambes trop fragiles ne peuvent pas la supporter. Un jour, dans une crise de colère, il détruit le premier être, le monstre, et créée, presque par hasard, Ludovic Barth. Et enfin il semble que cette créature-là soit réussie. Alors Blaise Ludik se débarrasse de Mélanie Zucconi, qui n’est pas à la hauteur selon lui pour engendrer l’humanité. Il créée dans la foulée, en y laissant presque toutes ses forces, Mathylde Demarez, la merveille des merveilles, programmée pour copuler. Le mélodrame se noue autour du fait que Ludovic Barth, amoureux de Mélanie Zucconi, est fou de douleur depuis sa disparition, et que Mathylde Demarez est terriblement malheureuse de ne pas pouvoir convaincre Ludovic Barth de copuler avec elle ; tandis que Blaise Ludik, affaibli, sombre dans une folie créatrice délirante qui précipitera de façon surprenante la fin de l’histoire.

 

« Depuis J'ai Gravé le Nom de ma Grenouille dans ton Foie, créé en 2005, Clinic Orgasm Society questionne la définition des genres et s'attelle à triturer avec une certaine joie et rigueur les codes de la masculinité et de la féminité.

DTC (on est bien) utilise le mythe fondateur de la Genèse pour poursuivre et développer ce questionnement. Loin d'être uniquement une réécriture à la sauce Clinic Orgasm Society de ce mythe, le spectacle évolue au gré des modifications, des bugs narratifs pour raconter une histoire sensiblement différente du texte originel qui cherche avant tout à questionner le besoin grégaire d'un formatage, et la dimension tragique autant que pathétique de ce besoin. Sans porter de jugement, c'est la beauté de cette ambiguité qui est mise en avant.

Le curieux éco-système créé par Clinic Orgasm Society, foutraque et chaotique, naît de l'improvisation. Dans un univers onirique et coloré qui rappelle le cinéma expérimental, 4 personnages, finalement bien seuls, triturent, essayent, expérimentent, et cherchent à remplir la mission pour laquelle ils ont été créés: procréer. Si la naissance est douloureuse, elle est surtout étonnante. Ce mélodrame où les émotions, la part de l'humain et leurs intentions sont taillées au cordeau, tour à tour nous tire les larmes et nous fait rire gris. Il y est question de gestation, du retour à l'enfance, de primates, de culpabilité et de quête de la perfection.

Enfin, ces Adam et Eve du futur, hybrides postmodernes, nous rappellent que l'être humain est bien responsable du monde dans lequel il vit et qu'il contribue, par ses choix, à épuiser et détruire au quotidien, dans sa volonté de reproduction et d'expansion. Il est question de cela dans ce spectacle, de ces choix. Le choix de définir sa propre beauté, sa propre identité sexuelle et son propre monde. Mais est-on vraiment si bien? Pas sûr du tout. »

(Matthieu Goeury)

 

 

3 Clinic Orgasm Society

 

Après Melvin Trilogie (2002) et J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie (2005), nous avons décidé de pousser notre recherche sur des formes scéniques brutes. Nous voulons confronter plus avant cette pulsion première qui nous pousse à nous donner en pâture à des spectateurs, avec une mécanique sophistiquée de manipulation (consentie) de ceux-ci. 

La Clinic Orgasm Society cherche à mettre le spectateur dans un rapport imprévu à la scène. Enlever toute solennité, tout vernis qui "emballerait" le spectacle, qui lui donnerait des contours lisses, séduisants et plus digestes. Mêler les réalités, de sorte que fiction et réalité soient dans un rapport ambigu.

Nous pensons que les "scories" augmentent le pouvoir suggestif de la représentation. Nous aimons ce qui dépasse, ce qui n'est pas net ou raffiné, ce qui est maladroit, bancal. Nous aimons ce qui provoque des failles dans lesquelles les évidences s'émiettent d'elles-mêmes, dans lesquelles notre "humanité" et notre "inhumanité" se retrouvent à égalité. En bref, nous aimons l'IMPERFECTION.

Nous aimons l'idée que le spectateur se trouve confronté à la représentation comme par hasard, de la même manière qu'il serait le témoin d'un accident de voiture. Dans l'idéal, nous cherchons à poser sur scène un acte, pour que le spectateur crée lui-même sa représentation.

Nous essayons de susciter chez le spectateur une empathie, voire une identification, avec les individus qu'il a en face de lui ; tout en lui laissant la possibilité de prendre de la distance par rapport à la représentation. Pour le dire autrement, nous pensons que le fait de poser l'acte a autant de sens que son contenu.

Pour travailler, nous partons de nos malaises, de nos sensations refoulées, de ce qui sépare l'intellect de l'organique. Nous essayons alors par tâtonnements, en improvisations, d'en toucher ce qu'on pourrait appeler pompeusement le "nœud tragique", le lieu où la raison n'a plus prise, où l'imagination touche une limite. Rien de triste ou de pathétique là-dedans. Au contraire, notre démarche est festive. Le spectacle naît de notre "lutte" — à mains nues — avec ce nœud tragique. 

 

 

4 l‘équipe 

 

LUDOVIC BARTH  (°1er avril 1974) a grandi à Bruxelles. Après avoir suivi une formation (1er cycle) en scénographie à La Cambre et en mise en scène à l’I.N.S.A.S., il travaille notamment comme assistant à la mise en scène pour Michel Dezoteux, Isabelle Pousseur) et Marcel Delval Il fonde en 2000, avec Harold Henning et Blaise Ludik, la « Clinic Orgasm Society », collectif pluridisciplinaire, avec lequel il crée Melvin Trilogie (Festival Temps d'Images, Halles de Schaerbeek ; février 2002) ; et dans ce cadre, collabore avec le groupe de pop-rock belge Flexa Lyndo, puis créée avec Mathylde Demarez J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie (2005). Il travaille parallèlement comme comédien pour la compagnie suisse « Jours tranquilles », dirigée par Fabrice Gorgerat (Les 81 minutes de Mlle A. de Lothar Trölle, 2000 ; Les 7 Lears de Howard Barker, 2001 ; Du talent pour le Bonheur, 2002 ; Judith, 2004 ; To be or to be, 2005 ; Protestant !, 2006 ; Poiscaille Paradis de Dieudonné Niangouna, 2010). Il crée aussi avec  Mathylde Demarez et la chorégraphe Karin Vyncke (pour laquelle il a par ailleurs interprété Ludovik, court-métrage vidéo, 2005) les 3 premières éditions de la KRONIK bRUSSELOISE (sept. 2005, déc. 2005, mars 2006). Il travaille également avec le « Groupe TOC » (Les 24h de Tina Pools à la recherche du bonheur de Marie Henry, m.e.s. Mélanie Zucconi, 2008).  

 

MATHYLDE DEMAREZ  (°16 février 1972) a grandi dans le nord de la France. Après avoir suivi les cours de l’Ecole du Théâtre des Deux Rives de Rouen, elle vient à Bruxelles pour faire l’I.N.S.A.S. en interprétation, dont elle sort diplômée en 1998. Elle partage alors son travail entre la France, où elle joue pour la troupe de l’Escouade (Barocco de nuit à la Baraka, de Emmanuel Billy, 1998 ; XX.S, petites chroniques d'un siècle déjà passé, 1999 ; Alphabet, spectacle jeune public, 2000), pour la Compagnie des 3T (La divine poubelle, théâtre de rue, 2001), et pour Patrick Veschueren (Secrets d’alcôves de J.-M. Piemme, 2001) ; et la Belgique, où elle joue notamment pour Didier Payen et Isabelle Marcellin (Le cirque célibataire, 2001), Marcel Delval (Personne ne voit la vidéo de Martin Crimp, 2002), Mathias Gokalp (MI-temps, court-métrage, 2002), Benoît Chantery (Bach Africa, 2003) et pour Rasmus Ölme & Max Cuccaro (L’art de la fuite, Ultima Vez, 2003). Elle travaille également avec la compagnie suisse « Jours Tranquilles » (Du talent pour le Bonheur, 2002 ; Judith, 2004 ; To be or to be, 2005 ; Protestant !, 2006). Elle rejoint la « Clinic Orgasm Society » en 2004, au sein de laquelle, outre la création de J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie, elle co-dirige la KRONIK bRUSSELOISE. Elle travaille aussi avec le « Groupe TOC » (Les 24h de Tina Pools à la recherche du bonheur de Marie Henry, m.e.s. Mélanie Zucconi, 2006). Enfin, elle a le rôle principal dans le long-métrage De leur vivant de Géraldine Doignon (2010).

 

BLAISE LUDIK  (°16 juin 1973) a grandi à Charleroi. Après avoir suivi les cours Florent à Paris pendant 2 ans, il entre à l’I.N.S.A.S. en Interprétation, dont il sort diplômé en 1998. Il travaille alors avec Isabelle Pousseur (Woyzeck de G. Büchner, 1998), puis dans le cadre du Jeune Théâtre National, entre 1999 et 2001, il travaille avec J.-C. Berutti (L’île aux esclaves, de Marivaux) et Julien Roy (Notre Pouchkine, de Pouchkine). Il joue ensuite avec la Compagnie de la Galafronie (Minimansno, de D. Deneck). En 2000, Il fonde avec Harold Henning et Ludovic Barth, la « Clinic Orgasm Society », collectif pluridisciplinaire, avec lequel il crée Melvin Trilogie (Festival Temps d'Images, Halles de Schaerbeek ; février 2002) ; et dans ce cadre, collabore avec le groupe de pop-rock belge Flexa Lyndo. Depuis, il joue notamment pour Christian Leblick (Les Perles, d’après H. Hesse, 2003 ; Venant du cœur, de Nicole Malincol, 2006) ; Jean-François Pulitzer (René Kalisky, une voix prophétique, 2003) ; Jean-Gilles Lowies (Le grand inquisiteur, d’après Les Frères Karamazov, de F. Dostoïevski, 2003) ; Marcel Delval (Le retour de Pinter, 2004) ; et Mariano Pensotti (La Marea, pour le Kunstenfestival des Arts 2006). Il travaille également avec Michel Dezoteux, pour qui il joue dans Richard III, de Shakespeare, 2005 ; L’avare, de Molière, 2006 ; Le revizor, de N. Gogol, 2007. Il réalise de 2005 à 2006 une série de 70 capsules pour la télévision Plug-TV (Salvi & Vito). 

 

MELANIE ZUCCONI  (°1er novembre 1975) a grandi à Tours. Après avoir suivi une formation au Théâtre de l’Acte à Toulouse, elle entre à l’I.N.S.A.S. en interprétation. Elle en sort diplômée en 2002, et parfait sa formation en suivant plusieurs stages, notamment avec Armando Punzo (Liège, 2003), Transquinquennal (Bruxelles, 2003), Noëlle Renaude et Robert Cantarella (Vitry, 2004), et avec TG Stan (Bruxelles, 2006). Elle partage alors son travail entre la France, où elle joue pour Ursula Mikos (Le cache, 1999), pour la Cie du Dehors (Les aveux, 2002 ; En attendant Lucienne, de Marie Henry, 2002), pour Françoise Spies (L’installé, 2005) et pour Agnès Bourgeois (Seven Lears, de H. Barker, 2004) ; et la Belgique, où elle joue notamment pour Dito’Dito (Colère, 2001), pour Virginie Strub (Les amantes, d’E. Jelinek, 2003), pour la Cie de l’Anneau (Les pieds sur terre, création Jeune Public, 2004), et pour Armel Roussel (And Björk of course, 2006). Parallèlement, elle fait partie du collectif « Groupe TOC », pour lequel elle joue dans Moi, Michèle Mercier, 52 ans, morte…, de M. Henry, en 2005, La fontaine au sacrifice, de M. Henry, 2006, Mon bras de Tim Crouch, 2007 ; et avec qui elle met en scène Les 24h de Tina Pools à la recherche de son bonheur, de M. Henry, en 2006. Elle remporte le prix d’interprétation féminine au Festival du Court-Métrage au Forum des Images, à Paris, pour le film Karaoké de Vittoria Matarrese.

 

AURELIEN CHOUZENOUX  (°11 janvier 1976) a grandi à Rennes. Il y suit une formation de Piano, puis entre à l’I.N.S.A.S. en Son. Il en sort diplômé en 1999. Il crée alors de nombreuses compositions et prestations live pour le théâtre et la danse, pour la Cie Michèle Noiret (Bruxelles), la Cie Jours Tranquilles (Lausanne), la Cie Osmosis (Nancy, Marseille), et la Cie Rodrigo Garcia (Genève, Madrid). Il crée également des installations audiovisuelles , dont Aristoklas  pour le KunstenFestivaldesArts (Bruxelles) et La Villette (Paris), inspirées des expériences mescaliniennes de Henri Michaux . Il fait aussi diverses compositions / productions musicales pour les labels Le passe-muraille , Subsounds , Re-load , Rosebud , Expressillon … Enfin, il est membre du groupe Caféneon (Basse et composition).

 

 

5 Le texte [Extrait] 

 

[…]

(Ludovic et Mélanie sont assis dans le jardin. Mélanie peint des moutons à l’aquarelle, avec des longs pinceaux. Ludovic l’observe avec admiration.)

ludovic. Ha c’est vraiment une idée fantastique que tu as eue Mélanie Zucconi de peindre tous les moutons du jardin pour faire une surprise à Notre Père… C’est vraiment joli. (un temps) Au bas de tes reins, il y a un grain de beauté. Il ressemble à une tortue.

mélanie. C’est vrai ? Et toi tu as la peau tellement douce. Je peux me mettre dans le creux de ton épaule ?

Ludovic. Tu peux te mettre dans tous les creux que tu voudras. Avec toi je me sens vraiment moi-même.

mélanie. J’adore quand tu es toi-même. Tu m’a fait si bien l’amour que j’ai vu mille couleurs se refléter sur le pelage des moutons. J’ai encore envie de t’embrasser. Mmh. Tu as un goût de tarte.

Ludovic. Tu as faim ?

mélanie. Non. Et toi ?

Ludovic. Si. J’ai envie de manger tes tout petits pieds.

mélanie. Hihihi. Si tu fais ça, je te croque tes petites fesses ! Oh ben voilà, j’ai à nouveau tout chaud dans le bas du ventre.

Ludovic. Ha oui ? Je vais lécher la moindre petite parcelle de ton corps et finir par ce petit trou si joli. Bien plus joli que celui des brebis.

mélanie. Que tu es coquin ! Va plutôt me chercher d’autres moutons. J’ai déjà fini tous ceux que tu m’avais apportés.

ludovic. D’accord, Mélanie Zucconi. J’en ai repéré toute une famille plus loin là-bas. Ne bouge pas, hein, je reviens. (il se rend compte de sa connerie) Oups, pardon !

(Mélanie vérifie qu’il est bien parti, et essaie d’accrocher ses pinceaux avec le scotch pour en faire des tuteurs. Puis elle essaie de marcher, et même de danser. Mais elle tombe et pleure.) 

(Blaise arrive entre-temps, et l’observe. Son regard est sans appel. Mélanie Zucconi, va s’enfouir dans la poubelle, lance un regard implorant à Blaise, qui, impitoyable, la détruit)

(Ludovic revient avec deux moutons sous les bras. Il appelle)

ludovic. Mélanie Zucconi, ça y est j’en ai… Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? (Il pleure) Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi? Mélanie Zucconi?

(Tonnerre, éclairs. On aperçoit Blaise Ludik le regard halluciné entre les éclairs. Il a à la main une des roulettes de Mélanie Zucconi. Noir. Puis on le revoit avec un câble électrique à la main.)

BLAISE. C’est dans la joie et l’allégresse que carillonne mon cœur. Vous, lapins, cabillauds, mouettes, ouvrez vos yeux, et préparez vous à contempler la nouvelle merveille entre vous tous ! Car en vérité je vous le dis : je n’étais pas satisfait de Mélanie Zucconi. Je sais que vous l’aimiez et que vous la chérissiez dans votre cœur. Mais ne vous lamentez pas sur son sort. Je devais agir. Et voici, Mélanie Zucconi n’est plus. Mélanie Zucconi a disparu. Ouvrez vos yeux et voyez, voyez maintenant celle que je vais faire à mon image, celle qui à mon image sera faite.

(Mathylde, le corps enroulé entièrement de papier toilette, a avancé entre temps jusqu’au centre du plateau, une prise de courant à la main. Blaise la lui prend, et la branche sur son propre câble. Mathylde se convulsionne, alors que Blaise se plie en deux de douleur. Mathylde se retrouve au sol, et déchiquette le PQ. Elle se relève.)

mathylde. Bonjour, Mathylde Demarez.

[…]

 

* * * * *

 

(Mathylde est en train de tondre un mouton dans le paradis. Ludovic s'approche, intrigué)

Ludovic. Mathylde Demarez, que fais-tu ?

mathylde. Rien, je…

Ludovic. (Horrifié) Toi aussi tu chasses le mouton ?

mathylde. Calme toi, je lui emprunte juste un peu de laine.

Ludovic. Pour quoi faire ?

mathylde. Des coussins.

Ludovic. Pourquoi tu… tu fais tout ça ?

mathylde. Mais pour accueillir la vie, mon lapin, mon cabillaud, ma mouette. (elle éclate d’un rire euphorique. Ludovic la regarde, livide) C’est merveilleux d’avoir des enfants n’est-ce pas ? Ils ont toujours quelque chose à vous apprendre, et c’est alors que la vie devient paradisiaque et merveilleuse ! Tu n’aimerais pas être papa ?

Ludovic. (il se jette sur elle et l’empoigne violemment) Tu fais quoi là hein ??!! Tu fais quoi ??!! Tu veux me torturer parce que je ne veux pas copuler ?!!

mathylde. (très calme) Lâche moi Ludovic Barth.  Lâche moi je te dis !!

Ludovic. Je t’interdis… (Il resserre un peu plus son étreinte.)

mathylde. Mais lâche moi, tu me fais mal !!!! Aie aie !!!

(Ludovic finit par la lâcher.)

mathylde. Mais qu’est ce que je t’ai fait pour que tu sois si dur avec moi hein ? Je te laisse tranquille, chasser tes stupides moutons. Et toi, tu me sautes dessus sans crier gare !!! J’ai le droit d’exister aussi non ?! Je ne te demande plus de copuler alors laisse moi tranquille !! Va t’en !!!

Ludovic. Ooohh pardon Mathylde Demarez. Je ne sais plus ce que je fais. Je n’apporte que supplice et malheur. (puis soudain, comme une révélation) Je suis le Diable ! Oui, je suis Satan, Satan, Satan Satan… (il se roule par terre en hurlant)

mathylde. Ludovic Barth !!!!! LUDOVIC BARTH !!!!!

Ludovic. (il agrippe Mathylde Demarez) Sauve toi Mélanie Zucconi, sauve toi pendant qu’il en est encore temps… (Ils pleurent tous les deux)

mathylde. Stop ! Stop ! Je suis à bout… Je n’en peux plus ! Oooh (ils pleurent de lus belle) Stop ! Stop ! Je suis à bout… Je n’en peux plus ! (sa voix se transforme et ralentit, celà devient insupportable. Mélanie sort soudain de sa bâche, et va stopper l'ordinateur)  

mathylde. (avec sa vraie voix) Mélanie Zucconi est toujours vivante, tu m’entends ?! Toujours Vivante !!!

Ludovic. (idem) Co… Comment ?!

mathylde. (désignant Mélanie, qui est toujours à la régie) Va. (pour elle-même) Elle a besoin de toi.  

LUDOVIC. (Il se retourne et voit Mélanie. A ce moment là, Mélanie redevient son personnage, et fait mine de s'écrouler, Ludovic se précipite et la prend dans ses bras. Ils avancent ensemble lorsqu'il se rendent compte soudain qu'il faut aller relancer la bande-son. Ils retournent à la régie, relancent la bande-son, ainsi que le lecteur CD. Musique dégoulinante) Mélanie Zucconi? Méla- (mi-s’embrassant, mi-suffoquant :) Tu n’es… Tu n’es pas morte alors ? Je ne suis pas dans un rêve ?

[…]

 

* * * * *

 

 

 

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